Severino Elias Ngoenha

Universidade Técnica de Moçambique (Moçambique)

Reitor da Universidade Técnica de Moçambique (desde 2015). Doutoramento em Filosofia (Pontifícia Universidade Gregoriana, Roma). Professor de Filosofia da Educação, Interculturalidade, Filosofia Africana, entre outros. Professor associado do Departamento de Antropologia e Sociologia da Universidade de Lausanne. O seu trabalho insere-se nos domínios da antropologia, do pensamento africano, da filosofia da educação e da interculturalidade.

On a l’habitude de considérer les langues africaines, notamment celles du sud du Sahara, comme des langues bantoues. L’un des anciens ministres mozambicains de la culture le plus connus nous a même traités de bantophones. Cependant, nous oublions d’ajouter que les processus de migration internationale Nord-Sud, après les Arabes, ont amené les langues européennes (le portugais, le français et l’anglais, voire l’espagnol et l’italien) dans cette partie du monde.

Celles-ci sont venues et, dans un premier temps, se sont imposées comme langues coloniales. Au moment des indépendances, nous nous les sommes appropriées (comme un trophée de guerre – dirait Pepetela) comme instruments de la construction de nos pays naissants. Aucun pays africain n’a abdiqué les langues bantoues de son peuple, mais nous leur avons ajouté des langues et des langues autrefois coloniales. Ainsi, le portugais, le français et l’anglais ont cessé d’être coloniaux pour devenir, comme les autres, de plus en plus africains ; non pas en vertu de la colonisation ou d’organismes néocoloniaux tels que la Francophonie ou les PALOP, mais par une décision autonome et consciente des gouvernements africains qu’elles pourraient être un espace d’inter-dialogue et une condition de création d’africanités différentes.

C’est à travers elles que nous fabriquons nos unités internes, que nous communiquons avec les autres nations. C’est pourquoi elles sont doublement interculturelles, parce qu’elles sont nées des discours occidentaux, mais aujourd’hui elles incluent nos discours, elles en veulent quotidiennement à nos vies existentielles ; elles apprennent, au quotidien, à être l’expression de nos sentiments, de nos vicissitudes historiques et de nos circonstances.

En ce sens, bien compris et interprétés, elles sont l’espéranto interculturel d’un monde possible en construction.

Ana Sofia Pinho

Universidade de Lisboa (Portugal)

Professora no Instituto de Educação da Universidade de Lisboa. Trabalha na área da Didática das Línguas, Currículo e Formação de Professores, mais especificamente no domínio da educação para a diversidade e parcerias universidade-escola-comunidade.

Nesta intervenção, proponho-me a analisar a formação de professores e de formadores por relação ao conceito de mundialização. Para tal, situo-me no campo da diversidade linguística e cultural na educação, dialogando com a noção de ‘cidadania linguística’, tal como proposta por Stroud (Lim, Stroud, & Wee, 2018). Neste contexto, adoto uma perspetiva praxeológica crítica da didática e da formação. Partindo de uma perspetiva de pedagogia da formação, tomo como ponto de partida a minha prática de formação e de investigação, para analisar as práticas de formação e de desenvolvimento profissional seja de futuros professores, seja de mim própria como formadora, com o fito de as problematizar e teorizar (Hutchings & Shulman, 1999; Mahon, Heikkinen, & Huttuten, 2019).

Este enquadramento permitir-me-á partilhar alguns pensamentos sobre o currículo de formação e a sua gestão, particularmente sobre a formação pedagógica dos professores, mas igualmente de situar esta problemática numa visão mais ampla da construção do conhecimento em educação, que parece exigir, nomeadamente, um paradigma da comunicação.


 

Hutchings, P., & Shulman, L. (1999). The Scholarship of Teaching: New elaborations, new developments. Change: The Magazine of Higher Learning, 31(5), 10-15, DOI: 10.1080/00091389909604218
Lim, L., Stroud, C., & Wee, L. (eds.) (2018). Multilingual citizen. Towards a politics of language for agency and change. Multilingual Matters.
Mahon, K., Heikkinen, H., & Huttunen, R. (2019) Critical educational praxis in university ecosystems: enablers and constraints. Pedagogy, Culture & Society, 27(3), 463-480, DOI: 10.1080/14681366.2018.1522663.

Mathilde Anquetil

Universidade de Macerata (Itália)

Professora de francês em Itália desde 1994, Mathilde Anquetil leciona desde 2009-2010 na Universidade de Macerata. Especialista em didática do francês língua estrangeira, as suas áreas de investigação e ação são: a educação plurilingue e intercultural, as políticas linguísticas, a análise do discurso político, a análise das interações didáticas, a intercompreensão entre línguas românicas, a francofonia.

Notre intervention se situe en prolongement de deux événements interassociatifs : un « débat participatif » en 2019, dont il est rendu compte dans la revue de l’ACEDLE [1]. Pour notre part nous interrogions à cette occasion divers acteurs du secteur de la didactique de l’intercompréhension [2] quant au rôle de l’IC dans les sociétés mondialisées. Par ailleurs nous poursuivions cette réflexion avec M.C. Jamet lors de journées d’étude des associations Transit-lingua  et DoRif-Università en 2021 [3] où nous analysions le domaine des recherches et coopérations en IC entre l’Europe et les Amériques.

Il en ressort un tableau très vivace de la recherche/diffusion de l’IC qui se structure dans trois espaces géo-linguistico-politiques interconnectés :

  •  en Europe une recherche/diffusion consolidée par les projets européens et le soutien institutionnel de la DGLFLF et de l’OIF;
  • la vigoureuse expansion et forte affirmation d’autonomie de recherches et diffusions contextualisées en Amérique Latine, avec des actions situées sur tout le continent et dans les institutions d’intégration continentale. On note aussi le fort potentiel de « l’interaméricanité » (Chardenet, 2017 [4] ; programme PRISA soutenus par l’AUF) ;
  • la récente « découverte » de l’IC dans le milieu académique anglophone, que ce soit dans les universités américaines mais aussi dans le domaine de la publication scientifique en anglais, comme le manifeste l’entrée remarquée de l’IC dans le très institutionnel Routledge Handbook or Plunilingual Language Education publié en 2022 au Royaume-Uni.

Les acteurs de l’IC sont porteurs d’un engagement proprement politique en faveur des droits linguistiques ; contre les hégémonies linguistico-culturelles, ils proposent de renforcer un espace discursif plurilingue qui a souvent une dimension citoyenne d’orientation altermondialiste [5]. Cependant l’actualité nous montre que la réaction à la globalisation économico-politique et ses dérivés dans notre domaine comme la glottophobie et l’injustice linguistique, va plus vers le renforcement des nationalismes et ethnicismes linguistiques [6] que vers la valorisation d’idéaux comme le Tout-Monde (Glissant, 1997 [7]), l’interlinguisme et l’Entre-les-langues (Chardenet 2013 [8]), la déterritorialisation des pratiques linguistiques et l’aménagement des relations entre les langues.

Nous examinerons quelques-uns des enjeux glottopolitiques qui traversent notre domaine, avant de conclure sur deux hypothèses concrètes de projets conjoints.


 

[1] « En quoi les langues ont-elles un rôle à jouer dans les sociétés mondialisées au sein d’une Europe fragilisée ? », Recherches en didactique des langues et des cultures [En ligne], 18-1 | 2021, URL : http://journals.openedition.org/rdlc/8548 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rdlc.8548
[2] Désormais IC.
[3] https://transitlingua.org/assets/transit-lingua-et-dorif_10ans-_programme.pdf vidéo sur https://www.youtube.com/watch?v=Aa7HFLrvi_A
[4] Chardenet P. (2017), Francoonie des Amériques ou (inter)américanité francophone? Un système d’action concret glottopolitique, in Synergies Argentine, n°5, Gerflint, https://gerflint.fr/Base/Argentine5/chardenet.pdf
[5] Cassen, B. (2005), Un monde polyglotte pour échapper à la dictature de l’anglais, Le Monde Diplomatique
[6] Sériot P. (2022), La logique des mots, Le temps, 28.02.2022. http://linguistiquement-correct.blogspot.com/2022/03/la-langue-russe-et-la-langue-ukrainienne.html
[7] Glissant E. (1997), Traité du Tout-Monde, Paris: Gallimard.
[8] Chardenet P. (2013). Éléments pour un interlinguisme méthodologique en quelques notions, in Éducation aux langues. Contextes et perspectives. Mélanges Jean-Claude Beacco, sous la direction de Sofia Stratilaki & Raphaelle Fouillet.
Share this Page